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L’enseignement secondaire supérieur à l’épreuve de la COVID-19*

De nouvelles mesures de confinement sont entrées en vigueur en ce début 2021. Si une nouvelle fermeture des écoles n’est pas à l’ordre du jour, elle ne saurait être exclue. Plusieurs pays européens ont pris des mesures en ce sens et des experts en Suisse la réclament. Voilà l’occasion de faire le point sur les expériences réalisées avec l’enseignement à distance dans les Collèges fribourgeois au printemps 2020.


La décision du Conseil d’Etat fribourgeois de fermer les écoles a été prise de manière abrupte le 13 mars 2020 en réponse à la pandémie de la COVID-19. L’enseignement à distance a été introduit dès le 16 mars. Ni les autorités scolaires, ni les enseignant·e·s, ni les élèves n’y étaient préparé·e·s. Malgré tout, l’introduction de l’enseignement à distance a pu se mettre en place rapidement. Si les premières semaines ont été un peu rock’n roll pour chacun·e, autorités et directions de collèges ont su prendre des décisions rapides pour offrir les instruments informatiques et l’accompagnement pédagogique nécessaires. Enseignant·e·s et élèves ont su réinventer leurs relations pour permettre d’assurer le bon déroulement des cours. La continuité de l’enseignement a ainsi pu être assurée.


Une large majorité des élèves a fait preuve d’engagement et a travaillé au mieux durant cette période. Si les plans de cours ont pu être respectés, des questions ont été soulevées quant à savoir si l’enseignement à distance avait permis l’assimilation de la matière par les élèves ainsi qu’elle l’aurait été avec un enseignement présentiel. Surtout, les élèves n’ont pas tou·te·s été égaux·les face à ce confinement et certains se sont retrouvés en difficultés. Tou·te·s n’ont pas les mêmes dispositions à travailler seul·e·s, de manière autonome, avec un appui à distance par écran interposé. Surtout, l’écran en question n’était pas le même pour tous: le facteur matériel - ordinateur, connexion internet, espace de travail - s’est avéré handicapant pour au moins 5% des élèves. Certain·e·s d’entre iels ont ainsi dû travailler sur leur smartphone. L’isolement et l’absence d’un cadre de travail approprié ont été des facteurs de démotivation. Les disparités préexistantes entre les élèves ont souvent été accentuées par l’enseignement à distance.


Majoritairement, les élèves se sont sentis soutenus dans leurs processus d’apprentissage et plus de la moitié a jugé que la charge de travail durant le confinement était équivalente à celle de l’enseignement présentiel.


Les difficultés en termes d’engagement et d’organisation n’ont pas été observées seulement auprès des apprenant·e·s, mais aussi auprès des enseignant·e·s. En effet, si certain·e·s d’entre eux·elles ont très rapidement su faire preuve de créativité, adoptant des méthodes pédagogiques innovatrices, d’autres ont dû adapter leur enseignement aux conditions de l’enseignement à distance, alors que quelques-uns ont eu plus de peine à s’adapter aux nouveaux instruments d’enseignement mis à leur disposition. L’accompagnement offert par les directions des collèges et les autorités scolaires ont permis de progressivement généraliser l’introduction de nouvelles méthodes pédagogiques et de nouveaux instruments technologiques (logiciels) par tou·te·s.


Certaines de ces méthodes et instruments, nouvellement introduits ou dont l’usage a été renforcé, ont été appréciées et pourrait offrir un complément intéressant à l’enseignement en présentiel. Il s’agit par exemple des vidéos d’apprentissage ou des présentations commentées qui peuvent être reprises par les élèves ultérieurement, la mise à disposition sur les serveurs de documents et des devoirs, les documents participatifs, etc. Les apprenant·e·s ont grâce à ces instruments pu travailler à leur rythme, leur permettant de gagner en indépendance.


Mais l’accélération du processus de digitalisation imposée par l’enseignement à distance soulève également des craintes quant au risque de « technologisation » de l’enseignement.


La validation des acquis au travers d’examens s’est avérée plus compliquée. Si des épreuves orales peuvent facilement être conduites par vidéo conférence, il est plus difficile de conduire des examens écrits. Seules des évaluations formatives ont été réalisées à distance. L’absence d’évaluation notée a impacté négativement la motivation des apprenant·e·s. Les enseignant·e·s ont manqué des retours nécessaires à l’ajustement de leurs stratégies d’enseignement.


Le manque de relations sociales directes a évidemment affecté le plus grand nombre, tant parmi les enseignant·e·s que parmi les apprenant·e·s. Depuis la rentrée 2020, l’enseignement a pu se faire en présentiel sous conditions du respect des mesures d’hygiène et de distanciation sociale.


A la rentrée, l’enseignement a repris selon le plan de cours régulier. Aucunes mesures de mise à niveau n’ont été prises, malgré les résultats des études conduites durant l’été montrant les grandes disparités observées parmi les élèves. De telles mesures auraient peut-être permis de valider les acquis et de limiter les risques de décrochage. Les autorités scolaires ont uniquement demandé aux enseignant·e·s d’être attentif·ve·s aux élèves qui pourraient être en difficultés. Cette situation semble avoir été un facteur de stress additionnel, particulièrement pour ceux·celles qui étaient en manque de confiance à l’issu de la période de confinement quant à leur niveau scolaire.


Il serait intéressant d’approfondir les études sur les incidences pour les élèves de l’enseignement à distance dans les collèges fribourgeois et, surtout, de les étendre à la période d’enseignement présentiel en temps de COVID - également générateur de stress - que nous connaissons depuis la rentrée pour en mesurer l’impact sur le niveau atteint par les élèves. Cela permettrait d’en tirer des leçons et de juger si des mesures de mise à niveau auraient dû être prises et, si oui, lesquelles. Il s’agit de savoir s’il faut choisir entre inclusion et excellence ou s’il est possible d’assurer les deux conjointement.


A noter que des travaux sont conduits actuellement par les autorités sur la question de la digitalisation de l’enseignement. L’APE du Collège Sainte-Croix est associée à ces travaux. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés prochainement au travers de ce blog de l’avancée de ces travaux.


Espérons que l’enseignement présentiel pourra se poursuivre en cette année 2021 et qu’il ne faille pas recourir à nouveau à l’enseignement à distance dans les prochaines semaines.


Au nom des parents d’élèves du Collège de Sainte-Croix, nous souhaitons exprimer ici nos remerciements et notre gratitude à tous les enseignant·e·s, à la direction et à tout le personnel du Collège Sainte-Croix, ainsi qu’aux autorités scolaires pour leur engagement face à cette crise. Nous souhaitons également féliciter les élèves pour la force avec laquelle iels sont resté·e·s mobilisé·e·s et la façon dont iels ont su s’organiser pour rester en contact et s’entraider durant cette période difficile malgré la distanciation sociale.


En vous souhaitant à toutes et à tous une excellente année 2021.


Ne manquez pas de partager vos commentaires, témoignages ou questions, soit dans l'espace ci-dessous, soit par le formulaire de contact.


* Le présent post s’appuie sur les résultats d’évaluations internes conduites en été 2020 par les directions des collèges et la DICS auprès des élèves et des enseignant·e·s. Il s’agissait de tirer les premières leçons de l’enseignement à distance. Nous avons également collecté des témoignages directement auprès de nos enfants et de parents d’élèves.

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